Le diagnostic de performance énergétique est devenu un élément central de toute transaction immobilière. Pourtant, vendeurs et acheteurs commettent encore des erreurs qui peuvent coûter cher. Voici comment les éviter.
Erreur n°1 : confondre DPE informatif et DPE opposable
Depuis le 1er juillet 2021, le DPE a acquis une valeur juridique pleine et entière. Il n’est plus simplement indicatif : un vendeur peut désormais voir sa responsabilité engagée si le diagnostic s’avère erroné et que l’acheteur subit un préjudice. Cette évolution est encore mal intégrée par de nombreux vendeurs, qui sous-estiment les conséquences d’un DPE bâclé ou réalisé par un diagnostiqueur peu scrupuleux.
Erreur n°2 : ne pas anticiper les travaux de mise en conformité
Un logement classé F ou G est de plus en plus difficile à vendre à un investisseur souhaitant le mettre en location, puisque ces biens sont désormais interdits à la location (pour les G depuis 2025, les F à partir de 2028). Attendre la signature du compromis pour aborder ces questions est une erreur stratégique : mieux vaut réaliser les travaux en amont ou les intégrer explicitement dans la négociation du prix de vente.
Erreur n°3 : choisir le diagnostiqueur le moins cher
Le prix d’un DPE varie de 100 à 300 euros selon les prestataires. Opter pour l’offre la moins chère peut s’avérer coûteux à terme. Un DPE mal réalisé, notamment sur la méthode de calcul ou les caractéristiques thermiques du bâti expose à des recours acheteurs, voire à la nullité de la vente dans les cas les plus graves. Il convient de vérifier que le diagnostiqueur est certifié par un organisme accrédité par le Cofrac.
Erreur n°4 : ne pas préparer les documents justificatifs
Le nouveau DPE 2021 repose sur les données réelles du logement : factures d’énergie, caractéristiques de l’isolation, type de système de chauffage, etc. Un diagnostiqueur qui ne vous demande aucun document doit éveiller votre méfiance. Rassemblez en amont vos factures des trois dernières années, les attestations de travaux d’isolation réalisés, et les notices techniques de votre chaudière ou pompe à chaleur.
Erreur n°5 : ignorer l’audit énergétique obligatoire pour les passoires
Depuis avril 2023, la vente d’un logement classé F ou G impose, en plus du DPE, la réalisation d’un audit énergétique complet. Ce document, plus détaillé et plus coûteux (entre 500 et 1 000 euros), doit proposer un ou plusieurs scénarios de travaux permettant d’atteindre au minimum la classe C. Ne pas le fournir au moment de la mise en vente est une infraction qui peut retarder ou bloquer la transaction.

