Le nombre de logements neufs mis en chantier en France a chuté à son niveau le plus bas depuis trente ans. Cette crise de la construction, silencieuse mais profonde, aura des répercussions durables sur l’ensemble du marché immobilier.
Des chiffres qui font froid dans le dos
Le ministère du Logement a publié en avril 2025 des données qui ont provoqué une onde de choc dans le secteur : seulement 287 000 logements ont été mis en chantier sur les douze derniers mois, contre plus de 400 000 en 2019. C’est le niveau le plus bas enregistré depuis 1994. La filière construction, qui représente 1,5 million d’emplois directs, est en alerte rouge.
Les causes sont multiples et s’alimentent mutuellement : hausse des coûts de construction (+28 % depuis 2020 selon la Fédération française du bâtiment), taux d’emprunt des promoteurs restés élevés, frilosité des collectivités locales à délivrer des permis de construire en période électorale, et effondrement de la demande de logements en VEFA face aux incertitudes économiques.
Une pénurie qui se prépare pour demain
Les effets d’une telle chute ne se feront pas sentir immédiatement, le temps de livraison d’un programme immobilier s’étale sur deux à quatre ans. Mais les économistes du logement sont unanimes : si le rythme actuel se maintient, la France accusera un déficit de 300 000 à 500 000 logements d’ici 2030 par rapport aux besoins démographiques projetés.
Cette rareté structurelle devrait, à terme, soutenir les prix dans les zones où la demande reste forte, même si la correction à court terme crée l’illusion d’un marché plus accessible. Les primo-accédants qui patientent en espérant une baisse prolongée pourraient ainsi se retrouver confrontés à une remontée des prix dans trois à cinq ans.
Que font les pouvoirs publics ?
Le gouvernement a annoncé en mai 2025 un plan de relance de la construction articulé autour de trois axes : simplification des procédures de permis de construire, réforme du zonage dans les communes refusant systématiquement la densification, et création d’un fonds de garantie pour sécuriser les préfinancements des promoteurs. Des mesures jugées insuffisantes par les professionnels, qui réclament un choc de simplification bien plus radical.


