Après deux années de hausse quasi continue, les données notariales du printemps 2025 confirment une inflexion notable des prix dans les principales métropoles françaises. Une correction attendue, mais dont les effets restent inégaux selon les territoires.
Un retournement de tendance confirmé
C’est un signal que le marché attendait depuis plusieurs trimestres. Selon les chiffres des notaires de France publiés en mai 2025, le prix moyen au mètre carré dans les douze plus grandes agglomérations du pays a reculé de 2,3 % sur douze mois glissants. Paris enregistre la baisse la plus marquée avec un repli de 4,1 %, ramenant le prix médian des appartements anciens sous la barre des 9 500 euros le mètre carré pour la première fois depuis 2021.
Lyon, Bordeaux et Nantes suivent la même tendance, avec des corrections respectives de 3,2 %, 3,8 % et 2,7 %. À l’inverse, certaines villes résistent : Montpellier affiche une stabilité remarquable, tandis que Marseille enregistre une légère progression de 0,8 %, portée par une demande soutenue dans les quartiers réhabilités du centre-ville.
Des acheteurs qui retrouvent un peu de marge
Pour les ménages qui attendaient le bon moment pour franchir le pas, ce mouvement correctif constitue une fenêtre d’opportunité réelle. Combiné à la légère détente des taux d’emprunt amorcée depuis le début de l’année, le taux moyen sur vingt ans s’établit désormais autour de 3,55 % selon la Banque de France, le pouvoir d’achat immobilier des primo-accédants s’est amélioré d’environ 8 % par rapport au pic de 2023.
« Nous observons un retour de candidats à l’achat qui s’étaient retirés du marché il y a dix-huit mois. L’attentisme commence à céder », note Sylvie Marchand, présidente d’une chambre départementale des notaires en Île-de-France. Reste que le chemin vers la solvabilité reste long pour beaucoup, notamment dans les zones tendues où les prix demeurent structurellement élevés.
Attention, il faut quand même être prudent
Il serait trompeur de parler d’effondrement généralisé. Les biens bien situés, bien notés au DPE et proposés à un prix cohérent avec le marché continuent de trouver acquéreur rapidement. C’est sur les logements énergivores, classés F ou G, que la pression vendeuse est la plus forte, accentuée par les obligations réglementaires qui rendent ces biens de moins en moins finançables et louables.
Pour les investisseurs comme pour les particuliers, la lecture du marché exige désormais une granularité fine : rue par rue, classe énergétique par classe énergétique. Les moyennes nationales ou même métropolitaines masquent des réalités très contrastées.


